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Deux hommes se font une accolade amicale

Mon ami a l’air pris à la gorge par ses dettes. Comment l’aider?

Article mis à jour le 19/08/2019
Voir son chum, une amie ou un parent être aux prises avec des problèmes d’argent, c’est déstabilisant. On voudrait lui en parler, mais on ne sait pas comment. On voudrait l’aider, mais on ne sait pas jusqu’où aller.

En bref

Mon ami a l’air pris à la gorge par ses dettes. Comment l’aider?
  • Pour aider un proche qui semble avoir des problèmes d’argent, il faut savoir en reconnaître les signes. Certains comportements peuvent vous mettre la puce à l’oreille.
  • La règle d’or : ne pas juger. Ce n’est pas en critiquant quelqu’un ou en lui mettant de la pression qu’on va l’amener à consulter un professionnel pour régler ses dettes. L’approche gagnante : l’écouter, le soutenir et lui parler des solutions et des ressources qui existent.
  • Endosser ou prêter de l’argent sont des actions qui viennent avec des risques. Avant de les poser, c’est important de savoir tout ce que ça implique.

C’est quoi la meilleure façon d’aider un proche endetté? Voici les réponses de Vanja Aladin, conseillère en redressement financier chez Raymond Chabot.

Q : C’est quoi les signes qui me disent qu’un proche a peut-être des soucis financiers?

R : Il y a plusieurs signes qui peuvent indiquer des problèmes d’argent, autant des attitudes que des gestes. Prenons les attitudes. Si votre conjoint se met à être mal à l’aise de parler de ses finances, ça peut être un indice que quelque chose cloche. S’il semble déprimé ou stressé aussi. Bien sûr, les causes ne sont pas nécessairement financières. Mais il faut être vigilant.

Q : Au-delà des attitudes, quels sont les comportements à surveiller?

R : Il y a de bonnes chances qu’une personne qui commence à emprunter de l’argent à son entourage se trouve dans une mauvaise posture. Même chose si elle additionne les cartes de crédit. Quelqu’un qui se met à recevoir des lettres un peu bizarres – probablement de créanciers! — et des appels téléphoniques auxquels il ne veut pas répondre cache peut-être aussi des problèmes d’argent.

Q : Est-ce que les dépenses extravagantes de mon ami devraient minquiéter?

R : C’est sûr que dépenser sans compter, ça figure parmi les signes avant-coureurs de problèmes d’argent. L’inverse est aussi vrai. Un ami qui vous dit qu’il ne peut plus sortir, qui semble incapable de faire une dépense, même essentielle (comme l’épicerie), mérite que vous vous intéressiez à sa situation.

Q : Une fois que j’ai remarqué qu’un proche a des difficultés financières, comment je lui en parle?

R : Avec ouverture et empathie! Sans jugement et préjugés! Les personnes qui viennent me voir dans mon bureau sont souvent dans l’inconnu. Elles vivent de la peur, de la honte. Leur estime de soi est atteinte. Pour qu’elles se sentent en confiance, il faut non seulement que je les reçoive avec compassion, mais que leurs proches en aient. Comme ça, elles seront doublement soutenues.

Q : Est-ce qu’il existe des trucs pour mettre le sujet de l’argent sur la table?

R : Pour parler d’argent en couple ou avec un proche, faire un budget ensemble est un bon point de départ. Ça permet de s’ouvrir naturellement sur ses revenus et ses dépenses. Autre suggestion : si vous êtes inquiet des finances d’un proche, posez-lui des questions ouvertes. Ça peut avoir l’air banal, mais demandez-lui comment il va! Montrez-lui que vous êtes à l’écoute, que vous voulez son bien. Peut-être que ça débouchera sur le sujet de sa situation difficile.

Q : J’imagine que pour aider, il y a aussi des choses à éviter…

R : Absolument! Il faut éviter le jugement. Confronter, accuser, critiquer, prendre en pitié, tout ça est contreproductif. En général, je dirais qu’il faut essayer de ne pas avoir de réactions extrêmes. Et surtout ne pas rapporter les choses à soi. Des phrases comme « À ta place, je n’y arriverais pas! » ou « Moi, mon crédit est tellement bon! », ça n’aide personne. Ce que votre proche doit comprendre, c’est qu’il existe des solutions à ses problèmes.

Q : Mon meilleur ami m’a demandé de l’endosser pour l’aider. Je lui dis oui?

R : Endosser comporte des risques. Si vous endossez votre meilleur ami, ça veut dire que vous serez responsable d’assumer toutes ses obligations de paiement s’il ne les remplit pas. Avant d’accepter, vous devez absolument vous poser cette question : est-ce que je suis à l’aise d’assumer 100 % des dettes de mon ami s’il n’est plus capable de les payer?

Q : Alors, est-ce que prêter de l’argent est une meilleure option?

R : Encore là, c’est une décision personnelle qui demande une réflexion. Si la somme n’est pas trop élevée, que vous avez les moyens, que vous n’êtes pas pressé d’être remboursé et que vous voulez permettre à votre ami de repartir à zéro sans que son crédit soit entaché, lui prêter de l’argent peut être une option valable pour vous deux.

Mais attention : si les dettes de votre ami sont trop importantes, il est possible qu’il doive déclarer faillite malgré tous ses efforts et sa bonne volonté. Vous devriez donc lui prêter de l’argent seulement si vous êtes confortable avec l’idée de ne pas être remboursé advenant une faillite.

Q : Forcer quelqu’un à consulter un conseiller, c’est recommandé?

R : Le forcer, ce n’est pas ce qui fonctionne le mieux. Les personnes qui viennent me rencontrer ont souvent dû cheminer dans leur tête. Le jour où elles poussent la porte de mon bureau, c’est qu’elles sont prêtes ou au moins ouvertes à discuter de leur situation et des options qui existent pour les aider. Pour convaincre quelqu’un de consulter, c’est rarement efficace de lui mettre de la pression. À la place, je vous suggère de lui parler – ou même de le faire rencontrer – des personnes qui sont passées par là. Il faut briser le tabou!

Q : Donc prendre un rendez-vous pour quelqu’un d’autre, c’est une mauvaise idée?

R : Ça dépend. Si votre mère est ouverte à l’idée de recevoir de l’aide d’un conseiller, mais qu’elle est gênée de faire les premiers pas, appeler à sa place peut être le coup de pouce qui lui manquait. Mais si elle est visiblement très fermée à l’idée d’une démarche avec un conseiller, prendre rendez-vous pour elle risque de ne pas être bénéfique à ce stade-ci. Il y a des chances qu’elle ne se présente pas à la rencontre. Dans ce cas-là, ce dont elle a besoin avant tout, c’est de votre écoute.

Q : Ma mère a finalement pris rendez-vous chez Raymond Chabot pour une consultation gratuite. Est-ce que je devrais y aller avec elle?

R : La meilleure réponse à cette question, c’est : demandez-lui! Si vous sentez que votre proche est nerveux, qu’il a peur d’oublier des informations, ça peut être une bonne idée de lui proposer de l’accompagner. Vous serez deux personnes à prendre des notes et à poser des questions! Dans mon bureau, je vois régulièrement des clients venus avec un ami, leur conjoint, un parent. Évidemment, vous ne devriez pas imposer votre présence. La façon la plus efficace d’aider quelqu’un, c’est souvent en commençant par lui demander : comment est-ce que je peux t’aider?