L’hôtellerie au Québec : défis 2026 et solutions concrètes pour les PME

L’industrie hôtelière québécoise vit une période charnière. La pénurie de main-d’œuvre, la hausse des coûts, les transformations du tourisme et la pression des plateformes numériques obligent les PME à se réinventer pour demeurer rentables. Pourtant, des solutions concrètes existent pour maintenir la rentabilité et assurer l’avenir.

En bref

Le contexte est exigeant pour les PME hôtelières : main-d’œuvre rare, coûts élevés, pression des agences de voyage en ligne et saisons inégales. Pourtant, vous pouvez reprendre le dessus en agissant stratégiquement.

  1. Analysez vos chiffres pour cibler les bons leviers.
  2. Ajustez vos prix selon la demande réelle.
  3. Réduisez les coûts d’énergie et de maintenance.
  4. Renforcez votre marque et la réservation directe.
  5. Fidélisez vos équipes grâce à de meilleures pratiques RH.
  6. Planifiez les investissements sur plusieurs années.
  7. Cherchez de l’aide auprès d’un syndic autorisé en insolvabilité de Raymond Chabot si la pression financière devient trop grande.

Un secteur fragilisé par de grands changements

Après une reprise spectaculaire en 2023, l’industrie hôtelière connaît un ralentissement. Les revenus ont grimpé après la pandémie, mais cette croissance s’est stabilisée. Depuis 2024, les PME ressentent davantage la pression : coûts en hausse, demande plus incertaine et équipes réduites.

Selon Statistique Canada, les marges bénéficiaires atteignaient 18,5 % en 2023, un sommet. Mais cette marge s’effrite pour plusieurs hôtels, surtout ceux qui dépendent des voyages d’affaires ou de la haute saison.

Les tendances changent vite : les clients réservent plus tard, séjournent plus longtemps, mais voyagent moins souvent.

Main-d’œuvre : un défi quotidien pour les hôteliers

La pénurie de personnel touche toutes les régions. Beaucoup d’hôtels ont du mal à recruter des réceptionnistes, agents d’entretien, cuisiniers et gestionnaires. Faute de personnel, certains établissements doivent fonctionner avec des équipes réduites, limiter leurs services ou fermer des étages.

Ce manque de travailleurs s’explique par :

  • un bassin local limité ;
  • un roulement élevé ;
  • des logements rares dans certaines régions ;
  • des règles strictes qui limitent l’embauche de travailleurs étrangers temporaires pour les postes à plus bas salaire.
  • une concurrence forte entre employeurs.

Pour une PME, chaque départ pèse lourd sur les opérations. Le service devient plus difficile à maintenir, et la qualité peut en souffrir. C’est un enjeu majeur pour la satisfaction des clients.

Des réalités différentes selon les régions du Québec

Les hôtels du Québec ne vivent pas tous la même réalité.
Dans les grandes villes comme Montréal et Québec, la reprise repose surtout sur les congrès et les événements d’affaires : les fins de semaine affichent de bons taux d’occupation, mais le milieu de semaine reste plus faible.

En région, la clientèle québécoise et canadienne est plus présente et les séjours sont souvent plus longs. Toutefois, la saisonnalité y est très marquée : été plein, hiver variable, printemps beaucoup plus calme.

Un enjeu majeur touche surtout les régions : loger les employés, ce qui limite parfois la capacité d’exploitation.

Des coûts qui augmentent plus vite que les revenus

L’inflation touche de plein fouet l’hôtellerie. Les dépenses montent dans presque tous les secteurs : salaires, énergie, assurances, produits d’entretien, nourriture, maintenance. À cela s’ajoute la hausse des taux d’intérêt, qui rend le remboursement des emprunts plus lourd qu’avant.

Pour les PME, cette réalité crée une pression directe sur les marges. Même si les tarifs des chambres ont augmenté depuis la pandémie, ces hausses ne suffisent pas à compenser l’augmentation rapide des dépenses. Les hôtels à service complet sont encore plus affectés, car ils doivent gérer des installations coûteuses à opérer (piscines, spas, restaurants, salles de réunion).

En parallèle, plusieurs petites entreprises reportent ou réduisent leurs projets d’investissement, faute de moyens. Bien que des programmes comme le PADAT offrent un soutien précieux, la capacité d’investir reste limitée pour les établissements indépendants.

Une clientèle qui change, avec des attentes élevées

Le marché se transforme. Le télétravail a complètement modifié la façon dont les gens voyagent. Plusieurs clients prolongent maintenant un déplacement professionnel pour visiter une région. On parle ainsi de « séjours hybrides ».

Quelques tendances fortes :

  • les voyageurs veulent plus de flexibilité ;
  • ils recherchent des espaces pour travailler ;
  • ils préfèrent des expériences locales, simples et authentiques ;
  • ils comparent beaucoup avant de réserver.

Les PME qui tirent leur épingle du jeu sont celles qui ajustent leur offre à ces nouvelles habitudes. Elles créent des forfaits simples et attractifs, collaborent avec des entreprises locales (restaurants, spas, activités), aménagent des chambres où il est agréable de travailler et proposent des expériences qui combinent découverte de la région et moments de détente.

Les plateformes de réservation : utiles, mais coûteuses

Les plateformes en ligne jouent un rôle important dans la visibilité des hôtels. Mais elles entraînent aussi des coûts élevés, surtout pour les PME. Les commissions réduisent les revenus directs et laissent moins de marge de manœuvre.

C’est pourquoi plusieurs hôteliers misent davantage sur la réservation directe. Quelques stratégies simples fonctionnent :

  • offrir un avantage exclusif (déjeuner, stationnement, départ tardif) ;
  • simplifier le site web ;
  • répondre rapidement aux demandes ;
  • publier des promotions ciblées sur les réseaux sociaux.

Chaque réservation directe représente une économie importante pour une PME.

Des investissements nécessaires pour rester dans la course

Les voyageurs veulent des hôtels modernes, confortables et bien entretenus. Pour répondre à cette demande, les PME doivent investir dans des rénovations en misant en priorité sur :

  • Une bonne insonorisation ;
  • Le confort des chambres ;
  • La qualité des salles de bain ;
  • La mise à niveau du Wi-Fi ;
  • Des serrures intelligentes.

Le Programme d’appui au développement des attraits touristiques (PADAT) propose des prêts permettant aux hôtels de lancer des projets qu’ils repoussaient depuis longtemps.

Une amélioration ciblée peut augmenter la satisfaction… et les tarifs moyens.

7 pistes concrètes pour vous aider à rebondir

Malgré les défis, certaines actions simples peuvent vous aider à reprendre le contrôle.

  1. Faites un diagnostic clair de votre situation

    Identifiez les sources de pertes, surveillez la marge et évaluez votre capacité d’emprunt pour planifier les investissements.

  2. Ajustez vos prix plus souvent

    Une tarification dynamique, même simple, aide à suivre la demande.

  3. Optimisez la gestion des coûts

    Énergie, maintenance, assurances : négociez vos contrats et adoptez des solutions d’efficacité énergétique.

  4. Fidélisez votre main-d’œuvre

    Créez un milieu où les employés veulent rester : formation, progression, stabilité, reconnaissance.

  5. Misez sur la réservation directe

    Offrez des avantages exclusifs, soignez votre site web et simplifiez l’expérience d’achat.

  6. Modernisez progressivement

    Priorisez l’insonorisation, les salles de bain, le confort des chambres et les outils technologiques.

  7. Demandez de l’aide rapidement

    Si les dettes, les taux d’intérêt ou la baisse des revenus mettent votre entreprise en difficulté, nos syndics autorisés en insolvabilité peuvent vous aider à restructurer vos finances avant qu’il ne soit trop tard.

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