Restauration au Québec : comprendre les défis et trouver des solutions durables

L’industrie de la restauration vit une période difficile. Entre la hausse du coût de la vie, la pénurie de main-d’œuvre et la baisse de fréquentation, de nombreux restaurateurs peinent à rester rentables. Pourtant, des solutions existent pour reprendre le contrôle de ses finances et adapter son entreprise à la nouvelle réalité.

En bref

Des solutions pour reprendre le contrôle de votre restaurant

Vous faites face à la hausse des coûts, à la pénurie de personnel ou à un endettement difficile à gérer ? La conjoncture est exigeante, mais vous pouvez reprendre le contrôle de votre entreprise en avançant pas à pas, avec méthode et soutien.

  • Faites le point sur vos finances pour savoir où se perdent vos profits.
  • Simplifiez votre menu et misez sur des produits locaux et abordables.
  • Ajustez vos prix intelligemment : mieux vaut de petits changements qu’un déficit.
  • Négociez vos dépenses fixes et regroupez vos achats avec d’autres restaurateurs.
  • Prenez soin de votre équipe : formez, valorisez et fidélisez vos employés.
  • Protégez votre trésorerie en planifiant vos paiements et en évitant les dettes à court terme.
  • Demandez de l’aide rapidement si la pression financière devient trop forte.

Des coûts qui grugent les profits

Depuis 2023, les coûts d’exploitation ont bondi : les aliments, la main-d’œuvre, l’énergie et les assurances coûtent tous plus cher. Les marges de profit, déjà minces, se sont encore réduites. Selon Restaurants Canada, 41 % des établissements fonctionnent actuellement à perte ou atteignent tout juste le seuil de rentabilité.

Les restaurateurs n’ont eu d’autre choix que d’augmenter leurs prix, mais cette hausse n’a pas suffi à compenser l’inflation. Les clients, eux, ont ajusté leurs habitudes : moins d’entrées, moins de desserts et moins de vin à table. Même la restauration rapide subit cette pression, car les repas jugés « abordables » coûtent désormais bien plus cher qu’avant.

Des clients plus prudents et de nouvelles habitudes de consommation

Trois Canadiens sur quatre mangent moins souvent au restaurant*, et cette proportion grimpe à 81 % chez les 18 à 34 ans. La jeune génération recherche avant tout le prix, la valeur et la rapidité du service.

Par personne, les dépenses dans les restaurants à service complet ont chuté de 1165 $ à 1035 $ depuis 2019, et celles dans les restaurants à service rapide sont passées de 1150 $ à 1135 $.

En parallèle, la consommation d’alcool recule : 41 % des Canadiens disent boire moins qu’avant. Cela affecte directement les revenus, puisque l’alcool générait auparavant des marges importantes.

Les habitudes de fréquentation changent également :

  • Le repas du midi et le brunch gagnent en popularité.
  • Les 5 à 7 remplacent souvent les soupers.
  • Les collations comme substituts de repas augmentent, surtout chez les jeunes.

Même les grandes tables observent une baisse de la facture moyenne, souvent de 15 à 20 $ par client, ce qui réduit la rentabilité en fin de mois.

Une main-d’œuvre difficile à recruter et à retenir

Le secteur fait face à une pénurie chronique de personnel. Les cuisiniers, serveuses et plongeurs se font rares, surtout en dehors des grands centres. Le resserrement des critères d’immigration a également réduit l’accès à une main-d’œuvre étrangère qui jouait un rôle essentiel dans les cuisines.

Dans les salles à manger, les changements récents au mode de calcul des pourboires, désormais faits avant les taxes, ont aussi eu un effet négatif sur les revenus du personnel. Plusieurs employés ont quitté le secteur, forçant les employeurs à hausser les salaires et à revoir leurs horaires.

Cette pénurie de main-d’œuvre entraîne une hausse constante des coûts et complique la gestion quotidienne.

Le Québec, champion des faillites en restauration

Le Québec détient le plus haut taux de faillites dans le secteur de la restauration au Canada. En 2024, 423 restaurants ont déclaré faillite, une hausse de 4,2 % par rapport à l’année précédente. Ces dossiers représentaient 63,3 % des faillites du pays*.

Mais les chiffres officiels ne disent pas tout : plusieurs exploitants ont préféré fermer discrètement avant la faillite, tandis que d’autres continuent leurs activités avec des marges de profit minimes. Depuis la pandémie, près de 15 % des restaurants de la province ont disparu.

*Bureau du surintendant des faillites du Canada (BSF), HRImag et l’ARQ

7 pistes concrètes pour rebondir

Vous vous reconnaissez dans ce portrait ? Voici quelques conseils pour reprendre le dessus :

  1. Évaluez la santé financière de votre entreprise

    Faites le point sur vos marges, vos dettes et vos plats non rentables pour savoir où agir en priorité.

  2. Adaptez votre menu intelligemment

    Privilégiez les ingrédients locaux, de saison ou à meilleur rendement, et réduisez la complexité des plats.

  3. Révisez la structure de prix

    Mieux vaut ajuster légèrement les tarifs que de vendre à perte. Des menus du midi ou des formules express peuvent attirer de nouveaux clients.

  4. Optimisez la gestion des coûts fixes

    Négociez avec les fournisseurs, regroupez les achats avec d’autres restaurateurs et limitez les heures creuses.

  5. Stabilisez la main-d’œuvre

    Offrez de bonnes conditions de travail, de la flexibilité et des formations pour fidéliser vos employés.

  6. Protégez la trésorerie

    Planifiez les paiements, maintenez un coussin de liquidités et évitez les dettes à court terme.

  7. Cherchez de l’aide rapidement

    Si votre restaurant traverse une période difficile, n’attendez pas. Les conseillers en insolvabilité de Raymond Chabot peuvent vous aider à restructurer vos dettes, à renégocier vos ententes et à retrouver l’équilibre avant qu’il ne soit trop tard.

*Rapport 2025 de Restaurants Canada.

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